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Archives pour la catégorie "monstres et créatures légendaires de chine"
Le Dragon chinois

Le dragon a été le symbole de l’Empereur de Chine pendant deux millénaires. Aujourd’hui encore, il est considéré comme un symbole national.
Dans l’Antiquité, il faisait partie des quatre animaux magiques ou si ling, signes par lesquels le Ciel se manifestait aux hommes. Il est aussi un des douze animaux cycliques du calendrier chinois. On retrouve des dragons dans la plupart des mythologies anciennes mais, alors que l’Occident chrétien a fait du dragon un animal maléfique, il est, en Chine, symbole d’énergie et signe de bon augure.
Les dragons font partie des mythes fondateurs de la civilisation chinoise, et ils sont souvent à l'origine des Dynasties. Le cycle des exploits de Yu montre par exemple comment cet empereur mythique organise son empire avec l'aide décisive d'un dragon ailé. Tous les empereurs de Chine ont régné sous le signe du Dragon, et ils étaient même considérés comme « Fils du Dragon » ayant reçu le « mandat du ciel » : leurs vêtements de parade, comme les murs de leurs palais, étaient abondamment décorés de Dragons à 5 griffes, (les hauts dignitaires devant se contenter de dragons à 3 ou 4 griffes), et il n'était pas rare qu'un empereur envoie en présent à un chef rebelle qu'il n'avait pu vaincre par la force, une somptueuse robe brodée de dragons.
Ce dragon est la manifestation de la toute-puissance impériale : la « Face de Dragon » désigne l'empereur, la « Perle du Dragon » la sagesse du chef, la perfection de sa pensée et de ses ordres. Mao Zedong dit un jour, paraît-il : « on ne discute pas la perle du dragon ». Voulait-il faire entendre que la perfection ne peut être connue, ou simplement qu'il n'était pas souhaitable que sa pensée soit remise en cause ?
En 1894, ce n'est pas si lointain, le gouverneur de la Province de Moukden aurait interdit la construction d'un chemin de fer : on croyait en effet qu'un dragon vivait sous terre à cet endroit, et l'on craignait que les trains ne lui brisent la colonne vertébrale…
De nombreux dragons hantent le ciel de la Chine. Certains poursuivent inlassablement le Soleil et la Lune, provoquant les éclipses. (Il est intéressant de noter qu'astronomiquement, la tête et la queue de la constellation du Dragon sont les nœuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses). Un grand dragon de feu conditionne de ses humeurs la vie en Chine : il ouvre les yeux et c'est le jour, il les ferme et c'est la nuit. Son souffle provoque les tempêtes. Le tonnerre est une manifestation de sa colère, ou de ses combats avec d'autres dragons.
Toujours en Chine, les dragons jouent également un rôle essentiel dans l'agriculture. Gardiens des eaux, ils sont plutôt bienfaisants, mais ils peuvent être maladroits, se tromper de tâche, s'endormir, voire même s'enivrer, et c'est alors la catastrophe : le fleuve déborde, la tempête ravage les côtes, ou bien, au contraire, les sources tarissent, la sécheresse menace. Il faut alors les rappeler à l'ordre, ou même les punir : si la pluie tarde trop malgré les prières, on sort la statue du Dragon hors de son temple pour l'exposer au grand soleil : car il est bien connu que les Dragons n'aiment pas trop le soleil...
Le Dragon représente aussi le cycle de la végétation. Il est figuré par l'hexagramme K'ien, principe du ciel et de la création, et dont les 6 traits pleins représentent les 6 étapes de la manifestation :
La première de ces manifestations est le "dragon invisible", à l'image de la semence enterrée, le pouvoir de la création non encore exprimée.
La deuxième est nommée "dragon des champs", à l'image du germe qui croît, mais n'est pas encore visible.
La troisième se nomme "dragon visible", et symbolise le germe apparaissant hors de terre.
La quatrième est le "dragon bondissant" : la plante croît et donne ses fruits.
La cinquième est dite "dragon volant", à l'image des graines et pollen qui essaiment.
La sixième enfin est le "dragon planant", c'est l'esprit qui ordonne le tout, le roi-dragon céleste.
On retrouve cette association du dragon avec l'élément eau et le cycle végétal dans le festival des bateaux dragons, qui se déroule sur les lacs de certaines provinces chinoises, en souvenir du suicide en 290 avant J.-C., du poète Qu Yuan, désespéré de ce que ses talents ne soient pas reconnus par le roi. Cette cérémonie-souvenir est également liée au temps du repiquage des pousses vertes du riz, qui a lieu à la même époque, après les grandes pluies de printemps.
Les dragons des montagnes…
Dans la culture de Hongshan les dragons étaient associés au monde souterrain, peut-être au monde des morts. On trouve aussi les dragons liés à des lieux géographiques, tertres, collines ou montagnes. Un certain type de tertres est désigné en chinois par le mot long, parfois confondu avec le caractère qui signifie « dragon ». Les collines de la Tête du Dragon, près de Luoyang, étaient considérées comme la trace d’un dragon noir venu de la Montagne du Sud boire dans la rivière Wei. L’empereur Gaozu des Han, qui régna de 206 à 195 av. J.-C., choisit d’y faire construire un palais. Le quartier de Kowloon à Hongkong doit son nom, qui signifie « neuf dragons », aux neuf collines qui bordent l’ancienne colonie britannique.
Les dragons des eaux…
Les dragons sont aussi liés à l’élément aquatique : mers, lacs et rivières, qu’ils habitent. Les dragons peuvent se muer en poissons, et inversement, une légende veut que les poissons qui franchissent la passe de Longmen – littéralement, la Passe du Dragon – sur le fleuve Jaune deviennent des dragons. L’expression deng Longmen, « franchir la Passe du Dragon », signifie encore aujourd’hui réussir sa carrière. L’historien Marcel Granet a bien montré l’association des dragons à l’eau et aux mythes de fertilité en Chine centrale. Selon lui, les cérémonies de printemps pour faire venir la pluie pouvaient prendre la forme d’un passage de rivière : la danse collective aurait imité les ondulations du corps du dragon. De très bonne heure, eurent aussi lieu des joutes de bateaux-dragons. La croyance veut que deux dragons qui se battent ou qui s’accouplent fassent tomber la pluie.
Les dragons des airs
Résident du monde souterrain ou des eaux, le dragon est aussi maître des airs. Les bannières peintes retrouvées dans les tombes de Mawangdui, près de Changsha, confirment le rôle du dragon comme monture pour l’âme du défunt lors de son voyage dans l’au-delà, reliant le Ciel. La légende veut qu’à la fin de sa vie, Huangdi, le mythique Empereur jaune, se soit élevé dans l’air sur un dragon et devenu immortel. « J’attelle le dragon qiu couleur de jade et monte le phénix, je commande au vent et m’élance dans le ciel », disait l’auteur du Li Sao, Quyuan, imaginant un voyage dans l’espace. Associé à la pluie, le dragon l’est alors aussi aux nuages, au tonnerre et au vent. De là, ainsi que des chants et de la musique qui accompagnaient les danses propitiatoires, vient sans doute son association à certains instruments : traditionnellement les cloches chinoises ont des anneaux de suspension en forme de dragons.
L’empereur et le dragon
Le dragon a sans doute été un animal totémique et la mythologie veut que des souverains mythiques soient descendants de dragons : ainsi l’Empereur jaune, Huangdi, ou son successeur Yao, de même que les souverains Shun ou encore Yu le Grand, fondateur de la dynastie des Xia. Au IIIe siècle avant notre ère, Liu Bang, fondateur de la dynastie des Han, se dit descendant d’un dragon et fait du dragon noir, le qing long, l’emblème de la dynastie. Dès lors s’instaure la coutume d’appeler l’empereur de Chine, « Dragon ».
C’est sa faculté de métamorphose qui a permis au dragon de rassembler en lui des mythes et des croyances divers, de régner dans toutes les dimensions de l’espace : en ce sens le dragon peut aujourd’hui aussi être le symbole de la Chine.
Le phénix chinois : le fengshuang

Le terme de phénix est trompeur, car cet oiseau n'a pas grand chose en commun avec celui des légendes européennes - ni l'aspect, ni les aptitudes de régénération ni les habitudes d'auto-immolation.
Le phénix chinois ressemble à un faisan avec des plumes de paon - certaines descriptions en sont plus précises et plus difficiles à imaginer : tête d'un cygne, crête d'un coq, bec d'une hirondelle, cou de serpent, forme de dragon, ailes écailleuses, queue de poisson, avec parfois des morceaux de tortue... L'élément mâle du phénix s'appelle donc Feng. L'élément femelle s'appelle Huang. Ensemble ils représentent le bonheur conjugal.
Le plumage du phénix est de cinq couleurs. Son chant est le plus merveilleux qu'on puisse imaginer. Il ne peut faire son nid que dans un sterculier et se nourrit de "fruits de bambous".
Dans le confucianisme, le phénix porte sur la tête le symbole de la vertu d'humanité, sur les ailes la conformité morale, sur le dos la justice, sur la poitrine la bienveillance et sur le ventre la bonne foi. On dit aussi que sa tête représente le ciel, ses yeux le soleil, ses ailes le vent, ses pattes la terre, son dos la lune et sa queue les planètes. Le fenghuang (règne sur tous les autres oiseaux. On dit qu'il est le plus doux et le plus sage des oiseaux. Cet oiseau est souvent associé au dragon (dont il est parfois considéré comme le père). Il était d'ailleurs l'emblème personnel de l'impératrice (celui de l'empereur étant le dragon justement), et apparaissait pour annoncer, comme le qilin, la naissance d'un grand philosophe (moi par exemple...).
Le fenghuang est parfois confondu avec l'oiseau vermillon du sud ; en fait, le fenghuang est un oiseau vivant sur Terre, tandis que l'oiseau vermillon est un esprit du zodiaque. Le phénix est une créature associée au yang et à l'été.
Qilin: la licorne chinoise
Le ou la qilin, est un animal chimérique de la mythologie chinoise qui ne réside que dans les endroits paisibles ou au voisinage d’un sage. En découvrir un est donc un bon présage. On lui prête aussi le pouvoir de donner un fils talentueux. Qi est le nom du mâle et lin celui de la femelle, qilin la combinaison des deux. Il est parfois appelé familièrement sibuxiang "qui ne ressemble à rien" (terme englobant différents animaux réels ou imaginaires d’aspect composite). Comme il apparait dans les textes (mais pas toujours dans les représentations) avec une corne unique, on le nomme aussi licorne.
Selon le Shuowen jiezi, dictionnaire de la dynastie Han, le qilin est un animal doux et aimable, avec un corps de cerf, une queue de bœuf et une corne unique (parfois un bois de cerf). Duan Yucai des Qing, dans son édition commentée, précise que sa corne, enveloppée de chair contrairement à celle du rhinocéros, est symbole de sagesse et non arme ; elle lui permet de séparer les justes de ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Il a des sabots fendus ou cinq doigts. D’autres lui prêtent un pelage tacheté et un ventre jaune ; cette description est peut-être influencée par l’aspect de la girafe ramenée d’Afrique en 1414 par Zheng He et accueillie par l’empereur comme un qilin, témoignage de son bon gouvernement. La qilin pouvait selon les légendes se déplaçer sur l’eau comme sur terre. Le mâle était appelé qi et la femelle lin.
Le qilin est l’incarnation même de l’harmonie: sa voix est mélodieuse, sa démarche régulière. Il ne fait pas un pas sans avoir regardé auparavant où il va mettre le pied et ne détruit rien sous son sabot, pas même les brins d’herbe. Il ne traverse que les bons endroits et couche en terrain plat. Végétarien, il est nommé "bête bienveillante" ou "bête auspicieuse". On prétend qu’il est l’émanation de Taisui, dieu astral de Jupiter qui gouverne le destin de l’année, et qu’il peut vivre deux mille ans. Selon certains, le cri du mâle présage l’apparition d’un sage, celui de la femelle le retour à la paix ; le cri d’été est favorable à la croissance des enfants, celui d’automne restitue les forces. La qilin est aussi le symbole de la longévité et de la félicité, elle est le signe d’une belle descendance et d’une sage administration. On raconte ainsi qu’une Qilin est apparue avant la naissance de Confucius.
Malgré son tempéramment pacifique, le qilin peut, pour lutter contre le mal, cracher des flammes et rugir d’une voix de tonnerre.
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Nian Shou, le monstre du nouvel an chinois

Dans le folklore chinois traditionnel Nian Shou est un animal maléfique à tête de lion et corps de taureau qui aurait selon la tradition donné son nom à l’année (nián : an ; shòu : bête). Sa légende est liée aux coutumes du Nouvel An chinois. Il est représenté comme un lion des danses de lions, bien que ces derniers soient des animaux auspicieux.
Dans les temps anciens, les légendes racontent qu’il existait un animal féroce qui, une fois par hiver, descendait des montagnes ou sortait de la mer pour s’approcher des villages, dévorant bêtes et gens sur son passage. Il ne venait qu’à la nuit tombée et disparaissait au lever du jour. Les années passant, la population finit par connaitre ses points faibles et savoir prédire le soir de sa venue. La bête craignait la lumière, le bruit et la couleur rouge. La résistance fut bientôt au point. Chaque hiver, à l’approche du soir fatidique, les villageois accrochaient des chiffons rouges aux portes, barricadaient bêtes et gens à l’intérieur et, n’osant pas s’endormir, mangeaient en bavardant les nombreux plats qu’ils avaient préparés en prévision de la nuit de veille.
Lorsqu’ils entendaient Nian rôder prés de leur maison, ils tapaient sur des casseroles pour le faire fuir. Ils passaient ainsi cette nuit sans dommage. Par la suite, le dieu stellaire Ziwei décida de descendre sur terre pour enchainer Nian, qui cessa définitivement de troubler les humains.
Ces coutumes sont répétées la nuit du réveillon encore de nos jours à travers les pétards, les feux de bengale et autres feux d’artifice, ainsi que par les caractères auspicieux (des Chun Lian) tracés sur papier rouge et collés sur les portes.
Les Gui : les esprits surnaturels chinois

Le peuple chinois a toujours cru aux esprits et aux créatures surnaturelles. Les gui sont les esprits et les fantômes des légendes chinoises , ces entités persécutent les humains en prenant l’apparence d’animaux, hommes ou de monstres. Si vous succombez à une mort violente, vous devenez l’un de ces esprits maléfiques et votre malédiction constituera à errer éternellement à l’endroit même de votre mort.
Parfois, un lien particulier rattache un gui au monde des mortels, créant ainsi un monstre-gui. Ces créatures ne sont pas nécessairement malveillantes. Les monstres-gui sont généralement invisibles ou empruntent une forme animale, humaine ou monstrueuse , mais un miroir révèle toujours le véritable aspect d'un gui. Un monstre-gui ne peut pas s'approcher d'un objet ayant reçu une consécration bouddhique : recueil de sûtra, mandala, relique... (il faut cependant que l'objet soit bien visible).
Là encore, si les rituels ne sont pas satisfaisants, ou si les offrandes ne plaisent pas au mort,, son âme vengeresse viendra vous torturer en répandant maladies, catastrophes et désolation. Il suffit d’un objet ayant appartenu au défunt, d’un mot que vous prononcez ou d’un geste que vous faites malencontreusement pour provoquer l’apparition du revenant. Si un jour vous croisez un individu qui n’a pas d’ombre, alors il est fort possible que vous ayez affaire à un démon. La plupart du temps, vous le croiserez à l’aube ou au crépuscule.
Il est conseillé d’accrocher des talismans à la porte des maisons pour empêcher l’esprit de venir tourmenter ses occupants, principalement les membres de sa famille. Talismans en papier, amulettes, pendentifs en jade, pierres bénéfiques, tout est bon pour rendre hommage aux morts, pour éviter qu’ils viennent vous rendre de funestes visites.
Les offrandes aux morts sont indispensables pour qu’ils vous laissent en paix. En effet, afin qu’ils trouvent le repos éternel et qu’ils ne manquent de rien dans l’au-delà, il faut, par exemple, brûler de la fausse monnaie en papier, ou leur préparer de la nourriture;
Surtout ne laissez jamais brûler de l’encens en baguette de deux et ne versez jamais de l’eau froide dans du thé... et sachez que les esprits n’aiment ni le feu ni le bruit.
La statue de monstre Gui en photo se trouve dans la ville de Fengdu, dans la province du Sichuan.




